18 juin 2008
Compte rendu de fin de tournage, avec photos !
Mot-clef du jour : "montre moi" (ben regarde)
Il y a une chose qui m'inspire autant de motivation que de prendre le métro aux heures de pointe, ramasser une boîte de farine éclatée par terre sans aspirateur ou gérer un débordement de fosse septique. Cette chose, c'est conduire dans Paris.
Première matinée de tournage dans le 17ème. 20 minutes pour arriver à 100m de chez mon pote, la même chose pour sortir du Périph' (intra-muros c'eût été pire : visite de Bush). Joie. Mais ça valait plus qu'un peu la peine !
Nous tournions donc chez Ryle avec Anny Duperey et Roger Miremont. Super ambiance de tournage, scène amusante, rythme de travail assez cool... et cosplay détonnant :
Anny Duperey en princesse Saori, de Saint Seya.

Jean-Marc Bringuier, opérateur steadicam, filme Anny Duperey et Roger Miremont dans une scène "presque hot" dont je n'ai pas encore d'images (hahaha !).

Pendant ce temps, pour gagner du temps, Isabelle Vernus, la maquilleuse, commence à me transformer en Gotika en vue de la scène à tourner dans l'après-midi.
L'après-midi, migration sur Bastille. Puisque mes lentilles colorées de Gotika limitent mon champ de vision, je passe les clefs à Anny, qui prétend avoir la baraka pour trouver des places dans les rues les plus blindées de la capitale... Et ça se vérifie : à peine arrivés, à peine garés !
On pose les valises rue Keller, temple des boutiques manga et de la fashionitude emo. C'est la boutique Tokyo Eyes qui nous ouvre ses portes, et nous ne l'en remercierons jamais assez. Le tournage à l'intérieur se passe divinement bien, et je joue ma dernière scène dans une bonne ambiance. Le passage en extérieur, de nuit, est plus délicat : entre les glands ordinaires, les ados qui ont des trucs à prouver et les supporters avinés, c'est un festival d'apostrophages de nos acteurs et de klaxons à la caméra. Heureusement, la France perd, ce qui facilite la gestion du son.
On termine la transformation dans la cave du magasin Tokyo Eyes,

pendant que l'équipe technique installe la lumière à l'étage (notez le poster Gotika, réalisé par Aurélien Morinière, à droite).

Et ça tourne, pour ma dernière scène !

Scène suivante. Compte tenu du calme légendaire des rues parisiennes, micro-cravate obligé pour Roger Miremont :)

Installation de la lumière dans la rue Keller.

Michael Castellanet dans le rôle de Xavier.

Hadrien Favreau (ingé-son et perchman), Roger Miremont (acteur), Rémi Mestre (chef-opérateur), Michael Castellanet (réalisateur et acteur) et Anny Duperey (actrice).
Le lendemain, retour à Bastille au level 2 : trois personnes et un B-Twin dans une Fiat Punto (Micha doit me tenir la ceinture sinon je ne peux pas tourner à droite). Ryle, qui n'avait pas pu assister aux premiers jours de tournage puisqu'il travaillait (quelle idée), nous rejoint. Il nous informe que son appartement fut très bien remis en ordre la veille... à l'exception d'une porte dégondée, qu'il retrouva dans sa chambre et dont il mit un certain temps à définir la provenance.
Les lumières du jour nous donnent un aperçu plus éclairé (arfarf) de la foule kellerienne : c'est un festival de faux emo-anarcho-punks uniformisés à 400 euros de fringues chacun sur le corps (cherchez l'erreur). On se croirait le soir du cosplay à la Japan Expo. Dans un élan d'humour fin et respectueux, je glisse à l'oreille de mon voisin :
- C'est pas possible c'est endémique : s'ils quittent la rue ils se font jeter des pierres.
Cette vanne innocente et bête prendra cependant des allures de question ethnologique véritable lorsque nous réaliserons quelques heures plus tard que nous voyons systématiquement passer les mêmes personnes, dans un sens puis dans l'autre.
Le tournage, encore une fois, se déroule sans accros. Sous des applaudissements nourris, Francis, le premier assistant réalisateur, annonce la fin du dernier plan, et on ouvre le champagne (marque Keller, le champagne... huhu). Clément, notre réalisateur making-of, finit ses interviews. On range, on grignotte, on boit, on se claque la bise, on remballe le B-Twin dans la Punto (avec une personne en moins le coffre ne ferme plus, on ne doit pas être doués), c'est fini.
Fini ou pas tout à fait, car Rémi, Hadrien et Michael s'embarquent dans la post-prod, et Clément dans le montage du making-of. Le tout, je le répète pour ceux qui n'auraient pas encore découvert ces brillants Nîmois, au son des Dig Up Elvis.
De retour chez nous, Micha importe le son et découvre un sympathique "il joue bien, hein !" à son égard. Je garderai pour nous le nom de la personne qui fit ce compliment impressionné, mais dans un milieu trop pudique à ce sujet, ça fait chaud au coeur.
Bientôt un bon film.
Comme les lamas dans les bétisiers de nouvel an, j'ai un truc avec les windjamers.

Isabelle Vernus maquille Michael Castellanet pour sa dernière scène.
Vous pourrez trouver d'autres photos (tout d'un coup nous avons réalisé que c'était assez con de faire des notes identiques) sur notre Myspace et chez Michael. Si vous postez des comms chez lui aussi (allez quoi !), j'essaierai de balancer des bouts de vidéos sur le blog avant septembre, mais je ne jure pas c'est pas poli.
Photo de base pour l'affiche du film.
(photos : Etienne Muller, Aymeric Castellanet et Clément Douillet)
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Ah et puisque je parle des Dig Up Elvis, coup de pub (comme s'il en avait besoin) : je vous encourage tous à faire taire vos objections de principe que-la-télé-c'est-caca-et-qu'on-préfère-les-artistes-maudits-qui-rament-et-en-sont-fiers, et à écouter bien vite le premier album de Julien Doré, Ersatz. Même si je trouve qu'il donne un peu plus sur scène que sur l'album (et puis ya une chanson que je n'aime pas du tout ^^), certains titres confinent au génie et l'ensemble est d'une belle variété musicale et thématique, le tout très éloigné des reprises déjantées et du rock avec lesquels il s'était fait connaître (je précise pour ceux qui n'étaient pas clients, moi je m'en fous j'étais fan). Outre tout le bien que je pense de ce gars-là, je suis toujours ravie de découvrir des artistes qui ne se limitent pas à un "genre", un "style", et s'épanouissent avec le même talent dans différents univers. Conséquence, cependant : certains reprochent à l'album son manque d'homogénéité musicale. C'est un fait (voulu). A titre personnel ça ne me dérange pas (je n'ai pas vraiment une culture de "l'album"), mais ça pourra légitimement en agacer certains.
16 juin 2008
Ayééééééé !!!
Mot-clef du jour : "coup de pied dans la tête d'une fille"
On a fini ce week-end le tournage des Âmes Pixellisées, avec Anny Duperey et Roger Miremont. Bientôt les photos :)

Sur cette photo : Ryle (eh oui !), Anny Duperey (actrice), Hadrien Favreau (ingé son), Francis Leduc (premier assistant réalisateur), mes cheveux et Michael Castellanet (acteur et réalisateur).
Photo : Aymeric Castellanet
"Plus" que la post-prod son et image et le montage définitif du making-of et vous pourrez voir des extraits sur ce blog. En septembre sans doute :)
19 mai 2008
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!
Mot-clef du jour : "Il y a un proverbe chinois qui dit que"
Le vrai final des Âmes Pixellisées sera mi-juin, avec nos deux derniers jours de tournage. Mais aujourd'hui nous avons reçu nos dernières confirmations et je peux enfin me la péter un peu et vous annoncer le casting final.
Me la péter un peu parce que mine de rien, ça fait plus de deux ans que j'ai mis le point final à ce scénario et que, sans aucun contact dans le cinéma, nous nous sommes battus en silence pour réunir une équipe professionnelle autour d'acteurs réputés et que nous estimons. Une équipe qui, au total, aura dépassé les 50 personnes. Et, peut-être que ça ne touchera que nous mais j'y tiens, une équipe qui, ce n'est pas si fréquent, réconcilie différentes écoles de jeu, avec de sacrés représentants de chacune.
Je donnerai la liste finale des gens et des remerciements (et il y en a !) quand le film sera fini, mais oyez dores et déjà un extrait de notre générique :
Camarilla Productions présente :
A la réalisation : Michael Castellanet
Au scénario : Isabelle Bauthian (de part le fait)
A l'image : Rémi Mestre, Fix Le Reste, Antoine Aybes-Gille et Jean-Marc Bringuier, opérateur steadicam (Full Metal Jacket, Ripoux contre Ripoux, King David, ...)
Au son : Hadrien Favreau & Julien Ruiz
Au casting :
. Michael Castellanet
. Isabelle Bauthian
. Anny Duperey (Germinal, Bobby Deerfield, Les Compères, Le Grand Pardon,...)
. Roger Miremont (Peindre ou faire l'amour, Les Patriotes,...). Ancien pensionnaire de la Comédie Française.
. Bernard Le Coq (L'Affaire Ben Barka, Féroce, La Fleur du mal, Se souvenir des belles choses...)
. Jean-Claude Dreyfus (Un long dimanche de fiançailles, Deux frères, Delicatessen, Tous les matins du monde,...)
. Kristina Dariosecq
. François-Xavier Hoffman (Cyrano de Bergerac, théâtre...). Directeur artistique du Cours Florent.
. Thierry Balon
. Etienne Fague (Kaamelott)
. Marc Bonnefemme, Eve Dufaud, Medhi Kellou,...
ET :
Dessins de (entre autres que je vous ai déjà présentés et que je vous re-présenterai) : Aurélien Morinière (Les Véritables Histoires, Tengyz, Les aventures d'Irial) et X-aël (Anathème, à paraître).
ET :
La musique des formidables Dig Up Elvis ! (cliquez sur le lien, écoutez-les, aimez-les, allez les voir en concert, achetez leurs futurs albums !)
(Pour ceux qui suivent : c'est eux que j'étais allés voir en concert le jour ou je vous ai annoncé que je pouvais pas vous dire qui j'étais allé voir mais que ça tuait sa race... si vous suivez toujours, bravo).
Encore un peu de speed le temps de donner le coup de clap final, mais dores et déjà le plaisir de pouvoir en parler ouvertement, la satisfaction du travail accompli, et un coin de ciel bleu dans ces journées un peu trop lourdes à mon goût.
Merci à toute l'équipe, à tous ceux qui nous ont aidés (trouver les lieux, trouver le matos, trouver les gens, soutenir moralement,...). Et bien sûr mes IMMENSES félicitations à Michael, le chef d'orchestre de ce superbe projet.
J'ai bien hâte de pouvoir vous montrer des extraits :)
06 février 2008
Les Âmes Pixellisées - Photographie principale
Premier épisode ici (tournage avec Jean-Claude Dreyfus).
Deuxième épisode là (tournage avec Bernard le Coq).
La photographie principale, c'est le gros du tournage. En ce qui nous concerne, 3 nuits + 6 jours dans le froid et l'humidité, avec une petite trentaine de personnes mobilisées gratuitement pour faire un super boulot.
Premier jour : 8h du mat, jusqu'à 3h du mat le lendemain. En fringues de printemps en plein hiver, entre les averses. A la fin de la journée, j'ai cru que mes pieds allaient se détacher (comme je ne les sentais plus, seul le fait que je marchais sans tomber me convainquait que ce n'était pas déjà fait).
Deuxième et troisième jours : de nuit, dans le cimetière de Champigny sur Marne (où nous avons découvert la tombe de Georges Marchais). Environ 30 changements de costume en ce qui me concerne (des gros costumes, pleins de froufrous et de bijoux). Et Micha, qui devait à la fois jouer et réaliser sur ce rythme d'enfer, a eu bien du mérite. Les nerfs de Francis, l'assistant, furent également mis à rude épreuve, tandis que le reste de l'équipe souffrait en silence dans le froid humide.
Jours suivants : Plus cool. En vrac : chez mes parents, dans les 17m² de chez Aymeric (le frère de Michael), dans les bureaux de Highway Télévision (chez qui nous faisons une partie de la post-production), chez Oxo (2 jours de gros merdier chez lui... merci copain) et aux Furieux, un bar parisien bien connu de ceux parmi vous qui fréquentent le Café salé.
En images (photos d'Etienne Muller, Cédric Zakrzewski et Aymeric Castellanet)...

L'une des premières scènes filmées. Hadrien Favreau, le perchman, prend le son tandis que je joue. Michael Castellanet, lui, contrôle le plan sur le moniteur (nous avons un groupe électrogène pour faire fonctionner tout ça).

Adrien Onesto (assistant opérateur), Jean-Marc Bringuier (opérateur steadicam), Francis Leduc au clap (1er assistant réalisateur), Hadrien Favreau et Moimême. Jean-Marc, qui nous a honorés de sa présence, a notamment été opérateur steadicam sur Full Metal Jacket.

Jean-Marc Bringuier et Michael Castellanet.

Rémi Mestre (chef-opérateur).

Cédric Zakrzewski (électro).

Moimême, dans le rôle de Gotika. Le maquillage original a été imaginé par Aurélien Morinière.

Moimême encore, dans le rôle de Julie.

Michael Castellanet (dans le rôle de Xavier).

Cédric Zakrzewski et Francis Leduc.

Rémi Mestre et Adrien Onesto à l'arrière, à Highway Télévision.

François-Xavier Hoffman (rôle de Jérémy), directeur artistique des Cours Florent.

Etienne Fague (rôle du barman). Certains d'entre vous l'ont peut-être aperçu dans les dernières saisons de Kaamelott.

Thierry Balon (rôle d'Antoine, le patron de Julie). J'ai joué pour la première fois avec lui et ce fut un grand bonheur.

Marc Bonnefemme (rôle du musicien de rue), du groupe Orbor, entre autres.

Eve Dufaud (rôle de Lucie).

Moimême et Michael Castellanet.

Photo de groupe, en fin de tournage : Sylvestre Dedise (conducteur du camion et régie), Isabelle Vernus (maquilleuse), Cédric Zakrzewski, Hadrien Favreau, Moimême, Rémi Mestre, Michael Castellanet, Etienne Muller (électro), Francis Leduc, Olivier Lefebvre (directeur de production), Esther Kornexl (figurante), Adrien Onesto, Thomas Haudouin (régisseur général qui fait super bien la bouffe).
Plus que deux jours de tournage, et nous en aurons terminé avec cet énorme projet !
Vous pouvez retrouver ces photos, + d'autres, ainsi qu'une série "spécial grimaces", sur le blog de Michael Castellanet !
12 octobre 2007
Gotika - Appel à dessinateurs
Comme il semble que pas mal d'entre vous soient intéressés par le film Les Ames Pixellisées, je me permets de faire une demande. Demande qui concernera surtout les dessinateurs (Aco, RaphaelB, X-aël : je sais que vous passez régulièrement, vous êtes obligés maintenant... sisi ^^).
Dans le film, le héros fantasme sur Gotika, une héroïne de comics qui a été mise en scène par de nombreux dessinateurs. C'est un personnage très caricatural, fantasme de la femme burnée, sombre et castratrice qui n'attend qu'un homme pour la dominer.
Le héros vit dans ses rêves, au point de prendre Julie, une "simple" jeune fille gothique, (cf note du dessous, sur le tournage avec Bernard Le Coq) pour Gotika.
Or, un mur tout entier de sa chambre est tapissé de posters et fanarts à l'effigie de cette dernière, et c'est là que j'ai besoin de votre participation altruiste et désintéressée (il y aura quand même bien-sûr votre nom et votre book au générique). Voici l'illustration originelle, par Aurélien Morinière :
Les seuls éléments qui doivent se retrouver sur chaque illustration sont le tatouage, la couleur de cheveux et l'allure "dark". Pour le reste, c'est liberté totale (je manque par exemple de Gotika aux cheveux longs et/ou en situation). Si celà peut vous aider, c'est moi qui jouerai ce personnage (je fais de la muscu en conséquence ^^).
Je précise qu'il n'y a pas besoin d'avoir un niveau professionnel en dessin, et que les amateurs éclairés sont grandement bienvenus. Vous pouvez bien évidemment en faire plusieurs (avis à ceux qui ont déjà participé ^^), en couleur ou en noir et blanc, avec n'importe quelle technique... Pour des raisons d'impression, il me faut par contre des hautes définitions.
Le tournage aura sans doute lieu fin novembre 2007.
Je remercie d'avance de tout coeur ceux qui accepteront de m'envoyer leurs oeuvres sur ap.viard[at]gmail.com. Et, si ça peut vous donner envie, voilà déjà quelques beaux exemples de ce que l'on a reçu (j'en ai d'autres, que je vous montrerai en temps et en heure) :
Sachan :
07 octobre 2007
Les Ames Pixellisées - Tournage avec Bernard Le Coq
Pour cette seconde journée de tournage, nous avons filmé chez mes parents, qui nous avaient généreusement prété leur appartement (savaient-ils que la moitié du mobillier de leur salon passerait l'après-midi dans le couloir ?). Après Jean-Claude Dreyfus, c'est Bernard Le Coq qui a accepté de nous rejoindre et de jouer... mon grand père ! Pour celà, il a dû subir un subtil vieillissement au latex, tandis que j'étrennais la version "fine et adaptée à la photo" de mon maquillage goth (Maludi : j'ai demandé à la maquilleuse le nom du produit mais j'ai oublié... je re-demanderai, promis).
Début (arrivée de l'équipe technique) à 8h30, fin (matos rangé) vers 15h30, bonne ambiance, scène pas trop compliquée à filmer... Nous aurions pu célébrer notre premier tournage sans merdouille si... les loueurs n'avaient pas oublié le borgnole ! Le borgnole, pour les incultes dans mon genre qui l'ignoreraient, c'est ce que l'on met sur les fenêtres pour créer une nuit américaine. Une nuit américaine, pour les très incultes, c'est filmer la nuit en plein jour.
De bric et de broc, l'équipe a réussi à se passer de l'accessoire a priori indispensable en calfeutrant les fenêtres à l'aide de couvertures, et c'est presque sans retard que nous avons pu lancer le premier clap.
Du coup, je n'ai pas énormément d'anecdotes à raconter. Et puisque les images parlent parfois d'elles-mêmes :
Pendant que l'équipe prépare le plateau...

Dans la chambre de mes parents, Cyrielle Bailly, notre maquilleuse, est à l'oeuvre.

... et obtient certains résultats.

Notamment sur ce vieillissement au latex (notez le dessous des yeux).

Antoine Aybes-Gille (directeur-photo) et Nicolas Tiry (1er assistant réalisateur) transforment ma chambre d'adolescente en QG. C'est ici que les scènes précédemment filmées seront transferées sur un PC, afin de rendre disponibles les cartes mémoires de la caméra.

Florent Michaux, cadreur, et sa caméra HD.

Antoine Aybes-Gille installe les lumières (ce gros truc à droite est appelé luciole et crée de très jolies ambiances lorsqu'il est placé en des mains expertes).

Michael Castellanet, réalisateur et acteur, et Bernard Le Coq.

Julien Ruiz (ingé-son, preneur de son et compositeur).

Bernard Le Coq, sur le plateau et à l'écran.

Michael castellanet, réalisateur, concentré.

En place pour la fin de la scène.

Frédéric Watbled, photographe de plateau.

Et l'équipe au complet : Julien Ruiz, Michael Castellanet, Moimême, Bernard Le Coq, Antoine Aybes-Gille, Florent Michaux, Clément Douillet (avec la caméra, réalisateur making-of), Edouard Chassaing (en bas à gauche, régisseur général), Nicolas Tiry, Cyrielle Bailly.
Ce fut, je crois, ma meilleure expérience de tournage. Une belle ambiance a régné sur cette journée, l'efficacité et la créativité étaient au rendez-vous, je commence à être enfin assez satisfaite de mon niveau de jeu, et le duo avec Bernard Le Coq a merveilleusement fonctionné. Cet homme est un concentré de professionalisme, d'écoute (que ce soit dans le jeu ou dans la vie) et de gentillesse, et je ne le remercierai jamais assez du cadeau qu'il nous a fait de sa présence.
Suite et fin du tournage très probablement en novembre, avec cette fois une semaine non-stop de boulot (et Micha va enfin jouer ! C'est qu'il est impatient !).
Il est rare que je m'avance, mais cette fois j'ose : ça risque d'être un très bon film.
(images tirées du making-of de Clément Douillet, et photos de Frédéric Watbeld. Plus de photos visibles sur le blog de Michael, son site et notre MySpace).
25 septembre 2007
Tests costumes et maquillage
Hier, j'ai fait des tests de costumes et de maquillage pour Julie, mon personnage des Âmes Pixellisées.

(ses cheveux seront un peu grisés dans le film)
Ainsi vêtue, je suis allée me balader dans Saint Maur et faire quelques courses, afin à la fois de m'approprier ce look (malgré mon travail préliminaire, je flotte un peu dedans sur les photos) et de prendre la mesure des réactions des gens (un consultant m'avait avertie que ce n'était pas triste). Je présentais à mon sens un abord original mais classe, un peu extrême dans le maquillage, mais pas agressif pour deux sous. J'ai d'ailleurs bien pris soin d'être une crême avec tout le monde (mon personnage est assez doux).
A peine suis-je sortie de mon apartement que je croise une dame d'environ 55-60 ans avec son mari. Celle-ci me dévisage comme une pestiférée, ignorant mon salut poli. Elle se tourne alors vers son mari et, assez fort pour que je l'entende mais sans volonté de provocation, lui demande : "Tu as vu ça ?" (notez l'appui sur le "ça"). Quelques autres réactions du même accabit m'ont forcée à contenir un ou deux fou-rires incrédules.
Et ça ne s'arrête pas là : entre ceux qui me zieutent des pieds à la tête sans la moindre pudeur au risque de rater une marche, ceux qui attendent de m'avoir croisée pour me fusiller du regard et ceux -plus marrants- qui font semblant de ne pas remarquer la différence, je vis une merveilleuse aventure humaine.
Mais la palme des conards, je la décerne à ce jeune couple de trentenaires sans estomac ni couilles :
Au premier coup d'oeil, on se dit qu'ils n'ont pas très intérêt à la ramener question look : fringues à cheval entre le wesh du 93 et le plus mollusque des bobos, du genre bourgeois fans de hip-hop français rescapés de la StarAc, tellement transparents que dans d'autres circonstances j'aurais pu leur rentrer dedans sans même les remarquer.
Je les croise deux-trois fois, et il me semble noter dans leurs regards une certaine volonté de manifester de l'ironie (observation difficile à avérer, tant les regards en question sont plus vides que celui de Paris Hilton, je vous jure que je n'exagère pas). En réaction à ma présence (du moins je le suppose), ils se mettent à se frotter l'un à l'autre comme le font certains adolescents qui découvrent le bisou-bisou et les looks top-rebelles vus dans le Hit Machine. Ce petit jeu dont je vous passe les détails dure une dizaine de minutes, jusqu'à ce que je les croise dans une allée, consciencieusement occupés à faire semblant de se lécher la tronche (aussi ahurissant que celà puisse paraître, ils semblaient fermement convaincus de voir sans être vus). Ils me laissent les dépasser, puis j'entends beugler un "SEULUT !" comico-agressif. Toujours dans mon personnage, je me retourne calmement, pour m'apercevoir qu'ils refusent de croiser mon regard (lui avec un certain succès, elle plus difficilement, mouillant manifestement beaucoup, à la fois fière de son homme rebelle et gênée de cette exceptionnelle aventure). Et là j'hésite. Deux gros lâches pareils, cons de surcoît, c'est tellement facile de les massacrer. Est-ce que je leur dis que je fais des recherches pour un film, les remerciant au nom de l'Art d'être aussi minables ? Est-ce que je reste dans mon personnage (chose difficile vu mon degré d'énervement), me contentant de les mépriser ? J'aurais sans doute choisi cette solution s'il s'était agit de MON look et de MA personnalité. Mais là, je n'ai pas résisté.
Je tourne le dos aux deux idiots, beugle à mon tour un "SEULUT", puis me retourne vers eux immédiatement, les obligeant à croiser mon regard. Le spectacle de leur déconfiture m'a suffisamment ragaillardie pour, de retour dans le personnage, leur sussurer un "n'ayez pas peur" souriant.
Je suis contente de moi mais je suis déprimée.
Rendons cependant justice à l'humanité en notant que la majorité des passants ont eu une réaction plutôt saine et se sont comportés avec moi comme avec n'importe qui.
Et notons également quelques beaux moments : le gamin fasciné qui m'a fait un signe de la main avec de grands yeux émerveillés, la petite fille qui a tripoté mes cheveux comme pour vérifier si j'étais réelle, son père qui se posait manifestement pas mal de questions à mon sujet mais a un peu discuté avec moi avec un profond respect et une grande pudeur, et tous ces gens qui m'ont sourit ou observée de manière gentille et curieuse.
A titre personnel, je n'ai jamais ressenti le besoin d'extérioriser à ce point ma différence, ou d'afficher ostenciblement mes goûts et mes convictions. J'ai même tendance à croire que, à quelques exceptions près, celà relève souvent d'un manque affectif et d'un brin d'immaturité. Reste qu'il s'agit d'un merveilleux filtre à connards qui a incontestablement son utilité. Reste également que ça demande un courage dont bien des gens sont dépourvus. Mon travail avec Julie est loin d'être achevé, et je crois que je partagerai de nouveau avec plaisir son quotidien.
28 juillet 2007
La Robe
Ca fait déjà presque 3 semaines mais j'ai pas eu le temps plus tôt : Michael et moi avons tourné La Robe (toujours lui en tant que réa-acteur et moi scénariste-actrice). C'est une comédie en musique de moins de 10 minutes, que nous avons filmée dans notre propre apartement.
Jusqu'au dernier clap, nous nous sommes demandés ce qui allait nous tomber sur la figure, car la préparation laissait facilement croire à une malédiction lancée à l'encontre du projet. Voyez plutôt :
. Deux reports de tournage, l'un dû à des travaux à 20m de l'appartement,
. Une maquilleuse indisponible au dernier moment (pour de très bonnes raisons : elle a décroché un contrat sur un Besson),
. Une météo catastrophique,
. Un budget explosé pour cause de vacances des loueurs habituels,
. Des cartes mémoires perdues au fin fond de l'Auvergne, avec voiture en panne (voiture qui devait SERVIR au tournage),
. Un accident de voiture,
. Deux deuils (!) nous ayant privés de deux membres de l'équipe au dernier moment.
Et je passe sur les détails de la recherche des lieux, qui nous a confrontés à divers spécimens de tarés que ma bonne humeur pré-vacances m'incite à ne pas trop charger.
Plus, pendant le tournage :
. Un pneu de voiture explosé,
. La nécessité de virer des plans pour raccourcir le découpage, nous privant de quelques jolis effets comiques,
. Le premier jour, un changement obligé de méthode nous a conduits à filmer 30 plans très joliment éclairés en 12 heures de boulot (syndiqués, nous ?), ce qui n'a miraculeusement pas trop altéré notre état de nerfs. Pour info, traditionellement, les tournages pros tournent autour de 7 plans à la journée,
. Et quand même un bol monstrueux avec la météo (il s'arrêtait de pleuvoir dès qu'on filmait),
En images (photos : Aymeric Castellanet, Julien Ruiz & Michael Castellanet) :

Moi en Lisa, pour l'affiche. Pour ce rôle, mes premières grosses transformations physique : cheveux, sourcils épilés, bronzage.

Michael Castellanet en Martin, le copain de Lisa. Le film met en images leur couple raté.

Julien Ruiz, ingé-son et Maelenn Dujardin, l'assistante du chef opérateur.

Adrien Radici, steadicamer, filme Michael dans une scène de presque-accident de la route. Un steadicam est un système permettant de stabiliser la caméra lors de plans filmés en marchant. Du beau matériel sur ce film !

Nicolas Tiry, l'assistant-réalisateur, règle une scène entre Michael et Thierry Balon, acteur. Nicolas est pour beaucoup dans le déroulement miraculeux de ce tournage !

Fix Le Reste, chef opérateur, et la caméra P2 (HD).

Amandine Quanté, cadreuse making-of.

Zahia Said et Michael, acteurs, dans l'épicerie Les Halles de Minuit (Saint-Maur des Fossés) généreusement prétée par son propriétaire. Julien se prépare à la prise de son.

Alors que se filment des plans sans son dans l'épicerie, Emilie Grison (maquilleuse), Julien et moi squattons sur le trottoir.
J'espère pouvoir mettre en ligne des extraits du making-of dans quelques mois :)
02 juillet 2007
Bandes démos
Michael Castellanet - Bande démo d'acteur
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Isabelle Bauthian - Bande démo d'actrice
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20 juin 2007
J'vous jure !
Plus je me confronte au milieu du film, plus j'aime la bd.
J'ai déjà parlé des intellectualistes qui décortiquent tout, soit qu'ils prennent le public pour des malcomprenants soit qu'ils en soient eux-mêmes.
J'ai beau avoir des prétentions artistiques, mes scénarios, la plupart du temps, ya pas besoin d'avoir fait bac+8 pour en comprendre les idées générales, même si je ne les explique pas à chaque ligne. D'ailleurs bizarrement les acteurs ils comprennent tout, les techniciens ils comprennent tout, bref les gens normaux ils comprennent tout. D'ailleurs la plupart ils aiment, mais c'est même pas la question.
Heureusement que je commence à connaître des producteurs intelligents et humains, parce que sinon je pourrais légitimement commencer à nourrir quelques préjugés sur la profession.
Là un type vient de m'expliquer en un mail-fleuve pourquoi le meûssage de mon histoire n'était pas clair.
Enfin, je crois.
Parce que la blague c'est que, de mon côté, j'ai rien compris à son mail :o)
[Prochaine note : une histoire de fous]

















